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II LA GRÈCE

À M. ANDRÉ RIGOPOULOS


L’envoi de votre excellent journal me touche vivement. C’est du fond du cœur que je vous en remercie. Je le lis avec un profond intérêt.

Continuez l’œuvre sainte dont vous êtes un des vaillants ouvriers ; travaillez à l’unité des peuples. L’esprit de l’Europe doit planer aujourd’hui et remplacer dans les âmes l’antique esprit des nationalités. C’est aux nations les plus illustres, à la Grèce, à l’Italie, à la France, qu’il appartient de donner l’exemple. Mais d’abord et avant tout il faut qu’elles redeviennent elles-mêmes, il faut qu’elles s’appartiennent ; il faut que la Grèce achève de rejeter la Turquie, il faut que l’Italie secoue l’Autriche, il faut que la France déchire l’empire. Quand ces grands peuples seront hors de leurs linceuls, ils crieront : Unité ! Europe ! Humanité !

C’est là l’avenir. La voix de la Grèce sera une des plus écoutées. Les hommes comme vous sont dignes de la faire entendre. Un des premiers, il y a bien des années déjà, j’ai lutté pour l’affranchissement de la Grèce ; je vous remercie de vous en souvenir.

La Grèce, l’Italie, la France ont porté tour à tour le flambeau. Maintenant, dans le grand dix-neuvième siècle,