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sont spontanément rapprochés et qui appartiennent à toutes les opinions représentées dans l’assemblée ; mais elle admettrait avec empressement tous les membres qui auraient du temps à donner aux travaux de fraternité qu’elle s’impose. Son premier soin serait de visiter les forts, en ayant soin de ne s’immiscer dans aucune des attributions du pouvoir judiciaire ou du pouvoir administratif. Elle se préoccuperait de tout ce qui peut, sans désarmer, bien entendu, ni énerver l’action de la loi, adoucir la situation des prisonniers et le sort de leurs familles.

« En ce qui touche ces malheureuses familles, la réunion rechercherait les moyens d’assurer l’exécution du décret qui leur réserve le droit de suivre les transportés, et qui, évidemment n’a pas voulu que ce droit fût illusoire ou onéreux pour les familles pauvres. Le général Cavaignac, consulté par M. Victor Hugo, a pleinement approuvé cette pensée, a compris que la prudence s’y concilierait avec l’intention fraternelle et l’unité politique, et a promis de faciliter, par tous les moyens en son pouvoir, l’accès et la visite des prisons aux membres de la réunion ; ce sera pour eux une occupation fatigante et pénible, mais que le sentiment du bien qu’ils pourront faire leur rendra douce.

« En terminant, M. Victor Hugo a exprimé le vœu que la réunion mît à sa tête et choisît pour son président l’homme vénérable qu’elle compte parmi ses membres, et qui joint au caractère sacré de représentant le caractère sacré d’évêque, M. Parisis, évêque de Langres. Ainsi le double but évangélique et populaire sera admirablement exprimé par la personne même de son président. La fraternité est le premier mot de l’évangile et le dernier mot de la démocratie. »

« La réunion a complètement adhéré à ces généreuses paroles. Elle a aussitôt constitué son bureau, qui est ainsi composé :

« Président, M. Parisis, évêque de Langres ; vice-président, M. Victor Hugo ; secrétaire, M. Xavier Durrieu.

« La réunion s’est séparée, après avoir chargé MM. Parisis, Victor Hugo et Xavier Durrieu de demander au général Cavaignac, pour les membres de la réunion, l’autorisation de se rendre dans les forts et les prisons de Paris. »

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NOTE 5.

LA QUESTION DE DISSOLUTION

En janvier 1849, la question de dissolution se posa. L’assemblée constituante discuta la proposition Rateau. Dans la discussion préalable des