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donc démontrée. Il importe que les théâtres de Paris rouvrent et se soutiennent, et l’état consulte un grand intérêt public en leur accordant un subside qui leur permettra de vivre jusqu’à la saison d’hiver, où leur prospérité renaîtra, nous l’espérons, et sera à la fois un témoignage et un élément de la prospérité générale.

Cela posé, ce grand intérêt politique une fois constaté, votre comité a dû rechercher les moyens d’arriver sûrement à ce but : faire vivre les théâtres jusqu’à l’hiver. Pour cela, il fallait avant tout qu’aucune partie de la somme votée par vous ne pût être détournée de sa destination, et consacrée, par exemple, à payer les dettes que les théâtres ont contractées depuis cinq mois qu’ils luttent avec le plus honorable courage contre les difficultés de la situation. Cet argent est destiné à l’avenir et non au passé. Il ne pourra être revendiqué par aucun créancier. Votre comité vous propose de déclarer les sommes allouées aux théâtres par le décret incessibles et insaisissables.

Les sommes ne seraient versées aux directeurs des théâtres que sous des conditions acceptées par eux, ayant toutes pour objet la meilleure exploitation de chaque théâtre en particulier, et que les directeurs seraient tenus d’observer sous peine de perdre leur droit à l’allocation.

Quant aux sommes en elles-mêmes, votre comité en a examiné soigneusement la répartition. Cette répartition a été modifiée pour quelques théâtres, d’accord avec M. le ministre de l’intérieur, et toujours dans le but d’utilité positive qui a préoccupé votre comité.

L’allocation de 170,000 francs a été conservée à l’Opéra dont la prospérité se lie si étroitement à la paix de la capitale. La part du Vaudeville a été portée à 24,000 francs, sous la condition que les directeurs ne négligeront rien pour rendre à ce théâtre son ancienne prospérité, et pour y ramener la troupe excellente que tout Paris y applaudissait dans ces derniers temps.

Un théâtre oublié a été rétabli dans la nomenclature, c’est le théâtre Beaumarchais, c’est-à-dire le théâtre spécial du 8e arrondissement et du faubourg Saint-Antoine. L’assemblée s’associera à la pensée qui a voulu favoriser la réouverture de ce théâtre.

Voici cette répartition, telle qu’elle est indiquée et arrêtée dans l’exposé des motifs qui vous a été distribué ce matin :


Pour l’Opéra, Théâtre de la Nation 170,000 fr.
Pour le Théâtre de la République 105,000
Pour l’Opéra-Comique 80,000
Pour l’Odéon 45,000

À reporter 400,000 fr.