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VII
LA SÉPARATION DE L’ASSEMBLÉE[1]

29 janvier 1849.

J’entre immédiatement dans le débat, et je le prends au point où le dernier orateur l’a laissé.

L’heure s’avance, et j’occuperai peu de temps cette tribune.

Je ne suivrai pas l’honorable orateur dans les considérations politiques de diverse nature qu’il a successivement parcourues ; je m’enfermerai dans la discussion du droit de cette assemblée à se maintenir ou à se dissoudre. Il a cherché à passionner le débat, je chercherai à le calmer. (Chuchotements à gauche.)

Mais si, chemin faisant, je rencontre quelques-unes des questions politiques qui touchent à celles qu’il a soulevées, l’honorable et éloquent orateur peut être assuré que je ne les éviterai pas.

N’en déplaise à l’honorable orateur, je suis de ceux qui pensent que cette assemblée a reçu un mandat tout à la fois illimité et limité. (Exclamations.)

M. Le président. — J’invite tous les membres de l’assemblée au silence. On doit écouter M. Victor Hugo comme on a écouté M. Jules Favre.

  1. L’assemblée constituante discutait sur les propositions relatives soit à la convocation de l’assemblée législative, soit à la modification du décret du 15 décembre concernant les lois organiques. Jules Favre venait de prononcer un discours très éloquent, très véhément, pour prouver que l’assemblée constituante avait droit et devoir de rester réunie, quand Victor Hugo monta à la tribune.
    La dissolution fut votée.