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Je viens de vous montrer à quel point l’économie serait petite ; je vais vous montrer maintenant combien le ravage serait grand.

Pour vous édifier sur ce point, je ne sache rien de plus éloquent que la simple nomenclature des institutions, des établissements, des intérêts que les réductions proposées atteignent dans le présent et menacent dans l’avenir.

J’ai dressé cette nomenclature ; je demande à l’assemblée la permission de la lui lire, cela me dispensera de beaucoup de développements. Les réductions proposées atteignent :

Le collège de France,
Le muséum,
Les bibliothèques,
L’école des chartes,
L’école des langues orientales,
La conservation des archives nationales,
La surveillance de la librairie à l’étranger… (Ruine complète de notre librairie, le champ livré à la contrefaçon !)
L’école de Rome,
L’école des beaux-arts de Paris,
L’école de dessin de Dijon,
Le conservatoire,
Les succursales de province,
Les musées des Thermes et de Cluny,
Nos musées de peinture et de sculpture,
La conservation des monuments historiques.
Les réformes menacent pour l’année prochaine :
Les facultés des sciences et des lettres,
Les souscriptions aux livres,
Les subventions aux sociétés savantes,
Les encouragements aux beaux-arts.

En outre, — ceci touche au ministère de l’intérieur, mais la chambre me permettra de le dire, pour que le tableau soit complet, — les réductions atteignent dès à présent et menacent pour l’an prochain les théâtres. Je ne veux vous en dire qu’un mot en passant. On propose la suppression d’un commissaire sur deux ; j’aimerais mieux la suppression d’un censeur et même de deux censeurs. (On rit.)