Page:Hugo - Actes et paroles - volume 1.djvu/185

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



V
POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSEET
CONTRE L’ÉTAT DE SIÈGE
[1]

11 octobre 1848.

Si je monte à la tribune, malgré l’heure avancée, malgré les signes d’impatience d’une partie de l’assemblée (Non ! non ! Parlez !), c’est que je ne puis croire que, dans l’opinion de l’assemblée, la question soit jugée. (Non ! elle ne l’est pas !) En outre, l’assemblée considérera le petit nombre d’orateurs qui soutiennent en ce moment la liberté de la presse, et je ne doute pas que ces orateurs ne soient protégés, dans cette discussion, par ce double respect que ne peuvent manquer d’éveiller, dans une assemblée généreuse, un principe si grand et une minorité si faible. (Très bien !)

Je rappellerai à l’honorable ministre de la justice que le comité de législation avait émis le vœu que l’état de siège fût levé, afin que la presse fût ce que j’appelle mise en liberté.

M. Abbatucci. — Le comité n’a pas dit cela.

  1. L’état de siège fut levé le lendemain de ce discours.