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de Paris qui les préparent, et les ouvriers de Paris qui les exécutent. (Interruptions diverses.)

Voilà pourquoi je veux que l’ouvrier de Paris reste ce qu’il est, un noble et courageux travailleur, soldat de l’idée au besoin, de l’idée et non de l’émeute (sensation), l’improvisateur quelquefois téméraire des révolutions, mais l’initiateur généreux, sensé, intelligent et désintéressé des peuples. C’est là le grand rôle de l’ouvrier parisien. J’écarte donc de lui avec indignation tout ce qui peut le corrompre.

De là mon opposition aux ateliers nationaux.

Il est nécessaire que les ateliers nationaux se transforment promptement d’une institution nuisible en une institution utile.

Quelques voix. — Les moyens ?

M. Victor Hugo. — Tout à l’heure, en commençant, ces moyens, je vous les ai indiqués ; le gouvernement les énumérait hier, je vous demande la permission de ne pas vous les répéter.

Plusieurs membres. — Continuez ! continuez !

M. Victor Hugo. — Trop de temps déjà a été perdu ; il importe que les mesures annoncées soient le plus tôt possible des mesures accomplies. Voilà ce qui importe. J’appelle sur ce point l’attention de l’assemblée et de ses délégués au pouvoir exécutif.

Je voterai le crédit sous le bénéfice de ces observations.

Que demain il nous soit annoncé que les mesures dont a parlé M. le ministre des travaux publics sont en pleine exécution, que cette voie soit largement suivie, et mes critiques disparaissent. Est-ce que vous croyez qu’il n’est pas de la plus haute importance de stimuler le gouvernement lorsque le temps se perd, lorsque les forces de la France s’épuisent ?

En terminant, messieurs, permettez-moi d’adresser du haut de cette tribune, à propos des ateliers nationaux… — ceci est dans le sujet, grand Dieu ! et les ateliers nationaux ne sont qu’un triste détail d’un triste ensemble… — permettez-moi d’adresser du haut de cette tribune quelques paroles à cette classe de penseurs sévères et convaincus