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IV
LE PAPE PIE IX[1]

13 janvier 1848.
Messieurs,

Les années 1846 et 1847 ont vu se produire un événement considérable.

Il y a, à l’heure où nous parlons, sur le trône de saint Pierre un homme, un pape, qui a subitement aboli toutes les haines, toutes les défiances, je dirais presque toutes les hérésies et tous les schismes ; qui s’est fait admirer à la fois, j’adopte sur ce point pleinement les paroles de notre noble et éloquent collègue M. le comte de Montalembert,

  1. Ce discours, du reste assez mal accueilli, fut prononcé dans la discussion de l’adresse en réponse au discours de la couronne, à propos du paragraphe 6 de cette adresse, qui était ainsi conçu :
    « Nous croyons, avec votre majesté, que la paix du monde est assurée. Elle est essentielle à tous les gouvernements et à tous les peuples. Cet universel besoin est la garantie des bons rapports qui existent entre les états. Nos vœux accompagneront les progrès que chaque pays pourra accomplir, dans son action propre et indépendante. Une ère nouvelle de civilisation et de liberté s’ouvre pour les états italiens. Nous secondons de toute notre sympathie et de toutes nos espérances le pontife magnanime qui l’inaugure avec autant de sagesse que de courage, et les souverains qui suivent, comme lui, cette voie de réformes pacifiques où marchent de concert les gouvernements et les peuples. »
    Le paragraphe ainsi rédigé fut adopté à l’unanimité.
    À cette époque, l’Italie criait : Vivo, Pio nono ! Pie IX était révolutionnaire. On a pu mesurer depuis la distance qu’il y avait entre le pape des Droits de l’homme et le pape du Syllabus.
    (Note de l’éditeur.)