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III
LA FAMILLE BONAPARTE[1]

14 juin 1847.

Messieurs les pairs, en présence d’une pétition comme celle-ci, je le déclare sans hésiter, je suis du parti des exilés et des proscrits. Le gouvernement de mon pays peut compter sur moi, toujours, partout, pour l’aider et pour le servir dans toutes les occasions graves et dans toutes les causes justes. Aujourd’hui même, dans ce moment, je le sers, je crois le servir du moins, en lui conseillant de prendre une noble initiative, d’oser faire ce qu’aucun gouvernement, j’en conviens, n’aurait fait avant l’époque où nous sommes, d’oser, en un mot, être magnanime et intelligent. Je lui fais cet honneur de le croire assez fort pour cela.

D’ailleurs, laisser rentrer en France des princes bannis,

  1. Une pétition de Jérôme-Napoléon Bonaparte, ancien roi de Westphalie, demandait aux chambres la rentrée de sa famille en France, M. Charles Dupin proposait le dépôt de cette pétition au bureau des renseignements ; il disait dans son rapport : « C’est à la couronne qu’il appartient de choisir le moment pour accorder, suivant le caractère et les mérites des personnes, les faveurs qu’une tolérance éclairée peut conseiller ; faveurs accordées plusieurs fois à plusieurs membres de l’ancienne famille impériale, et toujours avec l’assentiment de la générosité nationale. » La pétition fut renvoyée au bureau des renseignements.
    Le soir de ce même jour, 14 juin, le roi Louis-Philippe, après avoir pris connaissance du discours de M. Victor Hugo, déclara au maréchal Soult, président du conseil des ministres, qu’il entendait autoriser la famille Bonaparte à rentrer en France. (Note de l’éditeur.)