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ACTE IV, SCENE V. 353 que je dis. Je dois le dire pourtant. Il est impossible de dissimuler quoi que ce soit quand on marie sa fille. Lui, je ne l’accuse pas. Je le bénis, car il m’a aimée. Non, monsieur, je ne suis pas veuve, quoiqu’on m’appelle la veuve André. LE BARON DE PUENCARRAL. Veuve André ! Ses yeux tombent sur le papier qu’il tient k la main. Mon écriture ! 11 lit la lettre avidement et regarde Etiennette. ÈTIENNETTE, apercevant la lettre. Monsieur, comment cette lettre est-elle dans vos mains ? Vous avez là un papier qui est à moi. LE BARON DE PUENCARRAL. A toi, Etiennette ! ETIENNETTE. Monsieur ! LE BARON DE PUENCARRAL. Etiennette ! ETIENNETTE. Cyprien ! LE BARON DE PUENCARRAL. Elle ! Ah ! tout mon cœur, le voilà retrouvé ! ETIENNETTE. C’est vous ! . . . — C’est donc toi ! LE BARON DE PUENCARRAL. Quinze millions ! Oui, quinze millions ! Je les ai, tu les as. Oh ! comme tu as souffert ! Je te les apporte. Je te les donne. Voilà pourquoi je les ai, c’est parce que tu es là. L’énigme de ma richesse s’explique. C’est ta fortune que je faisais. Oh ! tu vas être heureuse. Vingt ans ! ne pas s’être vus pendant vingt ans ! Tu remarques que j’ai des cheveux gris. Figure-toi que tu es riche, que tu as un hôtel, qu’il ne peut plus rien arriver, que tu as tout ce que tu voudras. Comme tu es belle ! tu es toujours aussi belle. André. Ton André ! C’est parce que je suis baron que tu n’as pas pu deviner. Moi THEATRE. VI.