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M. BARUTIN, tout en continuant de se costumer.

Mon épreuve de mon discours.


M. DE PONTRESME.

Ton discours ?


M. BARUTIN.

Oui. J’ai parlé aujourd’hui.


M. DE PONTRESME.

Où ça ?


M. BARUTIN.

Où veux-tu qu’on parle ? À la Chambre.


M. DE PONTRESME.

Ah ! C’est vrai , au fait. Pensais plus. Tu es député.


M. BARUTIN, mettant la veste avec soleil.

Oui, je suis député, cela ne te regarde pas, je n’ai que quarante et un ans, je peux bien aller au bal…


M. DE PONTRESME.

Masqué et sauvage. Soit.


M. BARUTIN.

Je suis député, je danse, voilà tout. D’ailleurs je ne m’occupe pas de politique.


M. DE PONTRESME.

De quoi as-tu parlé alors ?


M. BARUTIN.

J’ai parlé finances. Il n’y a que ça qui pose un homme.

Il met le turban.

M. DE PONTRESME.

Et puis ?


M. BARUTIN.

Et puis je te fais mon compliment.