Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Théâtre, tome IV.djvu/47

Cette page n’a pas encore été corrigée


se|c}}

                                                 
Mais... Je t'aime!

Ils s'embrassent. Ils viennent s'asseoir sur une tombe. Elle pose la tête sur son épaule. Tous deux, comme en extase, suivent des yeux les papillons.


Don Sanche


Oh! la nature immense et douce existe!

Vois-tu, que je t'explique. En hiver, le ciel triste

Laisse tomber sur terre un linceul pâle et froid;

Mais, quand avril revient, la fleur naît, le jour croît;

Alors la terre heureuse au ciel qui la protège

Rend en papillons blancs tous ses flocons de neige,

Le deuil se change en fête, et tout l'espace est bleu,

Et la joie en tremblant s'envole et monte à Dieu.

De là ce tourbillon d'ailes qui sort de l'ombre.

Dieu sous le ciel sans borne ouvre les cœurs sans nombre

Et les emplit d'extase et de rayonnement.

Et rien ne le refuse et rien ne le dément,

Car tout ce qu'il a fait est bon!


Dona Rose


Eh bien! je t'aime.


Don Sanche, éperdument.


Rose!

Il l'étreint dans ses bras. Un papillon. passe. Dona Rose s'arrache de l'embrassement de don Sanche et court après le papillon.


Dona Rose


Ah! qu'il est beau! Viens! prenons-le. Viens!


Don Sanche


Dieu sème Les grâces du printemps pour égayer tes yeux.

Le papillon se pose sur un buisson.

{{PersonnageD|Dona