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Autour de moi des voix funèbres
Criaient : Cayenne ! Lambessa !
L’exil songeait dans les ténèbres ;
Quand il me vit, il se dressa.

Il vint à moi, ce noir ministre
Du sombre destin inclément.
Pendant qu’il s’avançait sinistre,
Je le regardai fixement.

Il venait ; sur la terre sombre
Son pas sonnait comme un marteau.
Maintenant il me tient dans l’ombre
Et son ongle est sur mon manteau.

Mais, au lieu d’angoisse et de peine,
J’ai le calme et la joie au cœur.
Le lion s’est mis, dans l’arène,
À lécher le gladiateur.

Jersey, 18 février 1854.