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Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Histoire, tome I.djvu/337

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garçon passait, le commissaire lui demanda la Haute Cour. – La Haute Cour ? dit le garçon, qu’est-ce que c’est que ça ? – A tout hasard le garçon avertit le bibliothécaire, qui vint. Quelques paroles s’échangèrent entre M. Denevers et le commissaire :

— Que demande-vous ?

— La Haute Cour.

— Qui êtes-vous ?

— Je demande la Haute Cour.

— Elle est en séance.

— Où siège-t-elle ?

— Ici.

Et le bibliothécaire indiqua la porte.

— C’est bien, dit le commissaire.

Il n’ajouta pas un mot et rentra dans la galerie Mercière.

Nous venons de dire qu’il n’était accompagné en ce moment-là que de quelques agents.

La Haute Cour était en séance en effet. Le président rendait compte aux juges de sa visite au procureur général. Tout à coup on entend un tumulte de pas dans le couloir qui mène de la chambre du conseil à la salle où l’on délibérait. La porte s’ouvre brusquement. Des bayonnettes apparaissent, et au milieu des bayonnettes un homme en paletot boutonné avec une ceinture tricolore sur son paletot.

Les magistrats regardent, stupéfaits.

— Messieurs, dit l’homme, dispersez-vous sur-le-champ.

Le président Hardouin se lève.

— Que veut dire ceci ? qui êtes-vous ? savez-vous à qui vous parlez ?

— Je le sais. Vous êtes la Haute Cour, et je suis le commissaire de police.

— Eh bien ?

— Allez-vous-en.

Il y avait là trente-cinq gardes municipaux commandés par un lieutenant et tambour en tête.

— Mais… dit le président.

Le commissaire l’interrompit par ces paroles qui sont textuelles :

— Monsieur le président, je n’entamerai point de lutte oratoire avec vous. J’ai des ordres et je vous les transmets. Obéissez.

— A qui ?

— Au préfet de police.

Le président fit cette question étrange qui impliquait l’acceptation d’un ordre :

— Avez-vous un mandat ?