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À la même.


H.-H., 27 mars.

Les journaux m’arrivent de toutes parts, enthousiastes. — Voici ma lettre à la Liberté. La Liberté a été contrainte à une suppression. De plus elle a fait trois fautes d’impression qui défigurent le texte. Entre autres crient pour créent. Croyez-vous qu’un journal belge [l’Étoile ?) voudrait reproduire cette lettre exacte avec le passage supprimé à Paris. Vois, mon Victor, et décide.

Julie va mieux. Je travaille. Sénat est heureux. La mer fait la roue autour de moi, et donne tous ses spectacles. Hier ouragan, aujourd’hui soleil. M. Hetzel m’écrit qu’il m’obéit. Sa lettre est on ne peut mieux. Il va tout remettre à des arbitres. Il prend M. Victor Lefranc. Il me dit que MM. Lacroix et Cie prennent M. Emmanuel Arago. — Le silence glacial du Phare de la Loire est amusant. On sent là-dessous la pieuvre-Pichat. À propos de pieuvre, les journaux annoncent qu’on va en montrer une à Paris. Il faut au moins qu’elle soit de la grande espèce. (5 pieds de diamètre.)

Mes bien-aimés, mes bien-aimés, je vous embrasse[1].


À Auguste Vacquerie[2].


H.-H., 31 mars.

Cher Auguste, j’ai bien peur que, comme toujours, vous n’ayez raison. Que dites-vous de M. Lacroix ? L’ai-je bien nommé l’homme aux tuiles ? Et il me fait tomber celle-ci sur la tête sans même crier gare. Je n’ai été ni consulté, ni averti. Le traité l’autorise, mais il était sous-entendu que, dans son intérêt même, il attendrait toujours au moins deux ou trois mois. Enfin c’est fait. Il n’y a plus maintenant qu’à faire bonne contenance. Car le pire, ce serait de le désapprouver publiquement. — La liste d’exemplaires donnés que m’envoie notre excellent ami Th. Guérin vous étonnerait. Il y a des noms auxquels je suis loin de tenir, et croiriez-vous à des oublis comme Édouard Bertin et Mlle Louise Bertin ? Je répare de mon mieux (trop tard) quelques-uns de ces oublis. Je vous envoie ci-inclus dix frontispices. Voudriez-vous me rendre le très grand service de voir vous-même Édouard Bertin et Mlle Louise, ainsi que Paillard de Villeneuve, et de leur expliquer que l’omission n’est ni de ma faute, ni de mon fait. Je vous envoie

  1. Bibliothèque Nationale.
  2. Inédite.