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À Monsieur E. Barucel[1].


Hauteville-House, 29 mai.

Il n’est pas, monsieur, de conseil plus périlleux que celui que vous me demandez. On ne peut pas promettre le succès même au talent. J’ai lu vos vers avec un profond intérêt ; mais je dois me borner à vous envoyer tous mes vœux en vous exprimant toutes mes sympathies.

Croyez, monsieur, que je suis bien touché de votre confiance et recevez l’assurance de mes sentiments distingués.

Victor Hugo[2].


À Messieurs Lacroix et Verboeckhoven[3].


6 juin.

Je donnerais bien, mes chers messieurs, le bon à tirer de cette feuille 14, mais évidemment vous n’êtes pas à court de bon à tirer. Revoir les corrections. Je n’ai reçu en tout dans les cinq premiers jours de cette semaine que quatorze feuilles. J’en eusse pu corriger cinquante. Cependant votre lettre est délivrée par cette masse de bon à tirer. Vous êtes deux hommes rares et distingués, et, quant à moi, je rends à toutes vos qualités solides et charmantes pleine justice ; je ne peux pourtant que donner raison à nos amis de Paris qui sont de si admirables et de si dévoués auxiliaires. Il m’est impossible de comprendre les retards actuels. Il me semble que votre intérêt est de paraître en juin, avant qu’on soit parti de Paris pour la campagne, les bains, les vacances, etc., et qu’il faut en outre se hâter pendant que nous avons à nous toute l’attention publique, un événement pouvant survenir. Or, rien n’est plus aisé que de paraître le 25 juin au plus tard. Cependant il me semble, vous voyez que je ne parle qu’avec beaucoup de réserve, comme à nos amis, qu’un certain ralentissement volontaire vient de vous ? Ce serait dangereux. Dites-moi si je me trompe. Mais alors expliquez-moi comment il se fait que je n’aie rien reçu lundi, seulement une feuille mercredi, seulement deux hier, seulement trois aujourd’hui. Mardi l’envoi était bon, huit feuilles, mais cela devrait être tous les jours. Vous comprenez que tout ce qui me préoccupe en tout ceci, c’est mon profond intérêt pour vous. — Mille affectueux compliments.

Seriez-vous assez bons pour transmettre ceci à Mme Popp, aux bureaux du Journal de Bruges. Elle a fait un très bel article[4].

  1. Inédite.
  2. Communiquée par la librairie Cornuau.
  3. Inédite.
  4. Correspondance relative aux Misérables. — Bibliothèque Nationale.