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À Madame Victor Hugo. À ses fils.


H.-H., 23 novembre 1867.

Je vous envoie un mot in haste, mes bien-aimés. Vous trouverez sous ce pli du nouveau. Je n’ai pu tenir plus longtemps à l’indignation. Je jette ce cri. Lisez[1].

Hernani est compromis et Ruy Blas est interdit[2] ; cela ne fera pas lever l’embargo. Mais avant tout le devoir.

Vous distribuerez les exemplaires selon les indications.

J’envoie à Georges le sien.

J’espère que vous serez contents.

Ma bien aimée femme, je veux absolument que tes beaux yeux deviennent bons. C’est leur devoir. Entends-tu ?

Il y a une escroquerie de Chenay qui se couve à l’horizon. Je la flaire et je vous la signale.

Tendre embrassement[3].


À Paul Meurice[4].


H.-H., 23 9bre.

Je vous envoie ceci[5] pour vous, je vous l’envoie aussi pour Michelet. Le devoir criait. J’ai obéi. Ceci gâterait les affaires de Ruy Blas si elles n’étaient pas déjà gâtées. Vous savez que M. Chilly fait contre Hernani et Ruy Blas des mots que Dumas envoie au Figaro. J’en suis à recevoir de ces coups de pied-là. Je ne me croyais pourtant pas encore mourant. Ô que c’est doux un ami comme vous !

V.

Écrivez-moi si ceci vous est bien arrivé. Nous sommes dans un temps de poste coupée de police[6].


À Michelet.


23 novembre.
Cher grand penseur.

Votre Louis XVI complète cette œuvre utile et puissante. Vous êtes dans l’histoire plus qu’un flambeau, vous êtes un regard ; le flambeau éclaire, le

  1. La Voix de Guernesey, écrite après la défaite de Garibaldi à Mentana.
  2. Cette interdiction, prévue depuis longtemps, ne se fit pas attendre.
  3. Revue Hebdomadaire, juin 1935.
  4. Inédite.
  5. La Voix de Guernesey.
  6. Bibliothèque Nationale.