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au théâtre, je n’en ai que près de vous. Voulez-vous l’aider à pénétrer ? — Merci, et pardon.

Tuus.
V. H.[1]


À François Coppée.


Chaudfontaine, 13 août.

Mon jeune et charmant confrère, j’arrive de la Zélande, et c’est à Chaudfontaine que votre lettre me parvient. Oui, oui, oui, je veux vous voir, vous et vos deux excellents compagnons de vacances. Serrer la main de trois poëtes, communier avec trois esprits, c’est là pour moi, vieux solitaire, une précieuse occasion, et je ne veux point la perdre. Seulement, je ne serai à Bruxelles que le 15.

Nous causerons de vous, de votre beau livre le Reliquaire, de l’art, de l’idéal, de tout ce que nous croyons, de tout ce que nous voulons, de tout ce que nous aimons. Nous mêlerons nos esprits, et votre jeunesse m’apportera la joie, et ma vieillesse vous invitera à la sérénité.

Vous viendrez, le 15, dîner tous les trois avec moi à Bruxelles, n’est-ce pas ?


À Monsieur Chassagnac,
grand commandeur du Rite écossais en Louisiane.
Bruxelles, 16 août 1867.

.

Vous avez raison, Monsieur ; sans appartenir de nom à la maçonnerie, je suis avec elle de cœur. Ma franc-maçonnerie est plus haute encore que la vôtre, c’est l’humanité.

Vous voulez, vous, noble esprit, noble cœur, admettre les noirs, et vous avez raison ; moi, je veux la transformation pacifique du prince en homme, et du roi en citoyen. Il faudrait du temps. Soit; Dieu en a. D’ici là, ne pouvant coudoyer les princes que vous admettez, je n’ai pas dû entrer parmi vous. Mais j’aime votre grand but et votre fraternité magnifique, symbole de la grande fraternité future.

Je vous remercie de m’avoir communiqué le grave et beau progrès que vous venez d’accomplir ; l’admission des noirs dans vos rangs commence l’égalité, que l’exclusion des princes consommera[2].

  1. Bibliothèque Nationale.
  2. Archives de la famille de Victor Hugo.