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Bruxelles, et je pense que Georges tiendrait douce compagnie à ses deux mères. Si cet arrangement vous va à tous, écrivez-le moi ; j’arriverais à Bruxelles dans une dizaine de jours. J’y passerais huit ou dix jours, puis nous partirions pour le voyage. Si nous pouvions avoir un compagnon jaspinant le bigorne hollandais, ce serait excellent. Mais où le dénicher ?

Mon Victor, je suis chargé de mille actions de grâces pour tes charmants envois.

6 h. du soir. J’en étais là de ma lettre quand est arrivée la poste, retardée par le storm d’aujourd’hui. Je n’ai que le temps d’ouvrir la lettre de ta mère bien-aimée. Montre-lui celle-ci qui y répond, ce me semble, à peu près. Je t’embrasse, chère femme, bien chère, et vous tous bien tendrement.

Je vous envoie un star contenant un commencement de souscription pour John Brown. Quel malheur pour les principes que Maximilien ait été fusillé. — La peine de mort a été abolie le 21 juin au Portugal, je reçois les journaux de Lisbonne qui m’en attribuent l’honneur. — Mon Victor, as-tu rappelé à M. Lacroix que j’attends l’épreuve type de mon introduction à Paris-Guide[1].


À Alfred Asseline.
H.-H., dimanche 7 juillet.

Mon cher Alfred, Bruxelles m’appelle si énergiquement que je pars mercredi. Je pars avec cette joie que ton cher enfant est convalescent, et avec cet espoir que tu viendras cet automne, à ma rentrée à Hauteville-House, manger mon raisin, qui est bon, et serrer ma main, qui est bonne aussi.

Salut, cher Alfred, à ton charmant esprit.

Victor H.[2]


À Jules Claretie[3].
Hauteville-House, 10 juillet.

Ecce iterum ! c’est encore moi, mon charmant et cher historien. Je viens de lire l’Illustration, j’ai vu le beau portrait fait d’après Bertall[4], et je suis

  1. Publiée en partie dans Actes et Paroles. Pendant l’exil. Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale.
  2. Asseline. — Victor Hugo intime.
  3. Inédite.
  4. Deux articles de Jules Claretie, dans l’Illustration des 30 juin et 6 juillet 1867, accompagnaient le portrait de Victor Hugo par Bertall.