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Chère femme bien-aimée, je crains pour toi cet Hernani, chaleur et émotion. Mais que ta volonté soit faite. D’ailleurs tu me la signifies d’une façon si charmante qu’il m’est impossible de résister. Va donc, et revenez, Madame, avec vos beaux yeux plus beaux que jamais.

Mon Charles, je félicite Georges de ses prouesses dans ta main. Je sais que ma chère Alice est grande fille, et se porte aussi bien que son colosse de mioche. Donc tout est bien. Cinq tendres baisers sur vos cinq fronts bien-aimés.

V.

M. V. Frond, qui fait un Panthéon d’illustrations contemporaines, m’écrit qu’il va publier vos biographies (faites par qui vous désignerez), et vos portraits. Il m’a publié.

Je trouverais fâcheux que l’apparition de cette introduction, qui est en effet un peu un manifeste, coïncidât avec la reprise d’Hernani. Cela raviverait les haines. Mais acceptons ces taquineries du hasard avec sérénité[1].


À Théodore de Banville.


Hauteville-House, 21 mai.

J’achève, cher poëte, votre nouveau recueil[2]. Avant de le relire, je vous écris. C’est un de vos plus charmants livres. Que de raison, que de vérité, que de science et d’art dans cette gaîté ! et comme c’est exquis, la sagesse masquée de grâce ! Vous savez que depuis longtemps j’ai dit que vous êtes un poëte de l’Anthologie. Rien ne manque à cette lyre forte et délicate que vous avez dans l’esprit. Vous avez le grand vol et le doux murmure, la gentillesse, l’élégance gamine du moineau franc, le sautillement de branche en branche, et tout à coup de puissants coups d’aile et la fuite à travers les nuées. Tout cela, c’est le poëte[3].


À Pierre Véron[4].


Hauteville-House, 23 mai 1867.
Mon cher et cordial confrère,

J’ai été heureux de glorifier publiquement votre victorieuse intervention de tous les jours dans la grande lutte que soutient la révolution contre les

  1. Bibliothèque Nationale.
  2. Les Exilés, publiés en novembre 1866.
  3. Bibliothèque Nationale.
  4. Inédite.