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Vous partageriez la responsabilité de la catastrophe prévue et annoncée ; vous pouvez et vous devez intervenir ; vous vous honorerez en prenant cette généreuse initiative, et, en dehors de toute opinion et de toute passion politique, au nom des lettres, auxquelles nous appartenons vous et moi, je vous demande, monsieur et cher confrère, de protéger dans ce moment décisif M. Henri Rochefort et d’empêcher son départ qui serait sa mort[1].


À Paul Meurice[2].


Vendredi matin [8 août 1873].

Nous étions aux Champs-Élysées, une brusque et violente attaque de goutte m’a forcé de ramener au gîte la pauvre malade torturée. Voulez-vous, Auguste et vous, me donner ma revanche et ma consolation ? Venez tous les deux dîner avec moi, chez moi, au besoin dans ma chambre, (villa Montmorency, avenue des Sycomores, n° 5) dimanche 10 (après-demain) à sept heures. Nous serons seuls, et nous causerons. Lockroy déjeune ce matin avec moi, Camille Pelletan dîne avec moi ce soir, et d’Alton Shée demain samedi. J’aurai évidemment bien des choses à vous dire.

À vous, passionnément.
V.[3]


À Léon Cladel.


23 août 73.

J’ai lu votre livre[4], tout imprégné de vie et de vérité. Vous êtes un robuste esprit, nourri dans la lumière. Courage, car vous aurez à souffrir, étant dans le vrai. Il faut que l’écrivain soit un juste. Vous subirez vaillamment toutes les conséquences de votre fonction. Je vous remercie de m’avoir dédié une des plus belles pages de ce brave et bon livre.

Votre ami.
Victor Hugo[5].
  1. Le duc de Broglie maintint la semence dans toute sa rigueur ; voici un extrait de sa réponse :
    « ... Les facultés intellectuelles dont M. Rochefort est doué accroissent sa responsabilité, et ne peuvent servir de motif pour atténuer le châtiment dû à la gravité de son crime. » Rochefort avait été condamné pour « excitation à la guerre civile, au pillage, au vol ».
  2. Inédite.
  3. Bibliothèque Nationale.
  4. Les Va-nu-pieds.
  5. Les Nouvelles littéraires, 30 mars 1935.