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À Monsieur Félix Jahyar[1].
Rédacteur en chef du Paris Théâtre, 2, cité Bergère.


Mon cher et gracieux confrère,

Je viens de lire votre charmant et excellent journal. Je suis ému de la cordiale sympathie que vous me témoignez en termes si élevés et si éloquents. J’aurai livré dans ce siècle une bataille de cinquante ans. Je la gagnerai, je le sais, et ce sera grâce aux générations nouvelles que l’esprit nouveau illumine et pénètre, ce sera grâce aux nobles âmes, ce sera grâce aux plumes vaillantes, ce sera grâce à des auxiliaires tels que vous. Remerciez pour moi l’auteur de ces beaux vers signés Paulus, remerciez mon sympathique et spirituel ami M. Émile Abraham et recevez mon plus cordial serrement de main.

Victor Hugo[2].


À François-Victor[3].


4 oct.

Voici, mon Victor, une lettre de La Cécilia[4]. Lis. Il me semble impossible de ne point publier cette déclaration, puisqu’il en appelle à des témoignages. Vous pouvez tout au plus adoucir ou supprimer les mots blessants pour M. Ledeuil. — Vous voilà à Paris. Vous avez eu beau temps. J’espère que les petits n’ont pas souffert de leur brusque réveil de l’autre jour. Je t’embrasse tendrement, cher fils.

V.[5]


À Émile de Girardin.


8 bre.

Hélas oui, c’est vrai, je suis devenu l’ours que vous dites. Cette dure solitude est la condition même de mon travail. Je n’ai plus que peu

  1. Inédite.
  2. Collection de M. Hanoteau.
  3. Inédite.
  4. Victor Hugo a écrit ce billet au verso d’une lettre du général La Cécilia, lettre relative à la publication dans le Rappel d’un article sur les dissentiments existant entre M. Ledeuil et La Cécilia.
  5. Bibliothèque Nationale.