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À Jean Aicard[1].


1er mai.

Voici, cher poëte, la lettre que j’adresse à votre vaillant groupe[2]. Venez donc me voir ce soir, et en causer avec moi. J’en voudrais corriger l’épreuve. Peut-être feriez-vous bien d’en donner la primeur au Rappel. Cela vous ferait une annonce utile.

À vous.

V. H.[3]


À Théodore de Banville.


1er mai.

Que voulez-vous que je vous dise ? Je suis profondément ému. Ô mon poëte, vous avez écrit sur l’Année terrible une page éclatante et douce[4]. Vous avez toutes les magnificences et toutes les grâces. Ce don de la prose, que les poëtes ont seuls, vous le possédez au degré suprême. Le rhythme est dans tout ce que vous faites, parce que la lumière est dans tout ce que vous pensez. Je voudrais vous voir, causer avec vous, avoir une heure lumineuse. Donnez-la moi. Venez dîner avec moi samedi, ou dimanche, ou lundi. Choisissez le jour, et écrivez-le moi. Je vous aime bien.

V. H.[5]


À Jules Brisson.


Paris, 1 mai.

Monsieur, vous avez l’Année Terrible, permettez-moi d’y ajouter le livre qui en est la préface : Actes et Paroles. L’un commente l’autre. Vous avez parlé bien éloquemment de l’Année Terrible, dans l’article excellent que j’ai sous les yeux[6]. Vous dites la vérité aux partis violents et vous mettez la justice à sa vraie place, au-dessus des passions. Je vous félicite de cette hauteur d’esprit : dans l’homme, la force se prouve par la sérénité ; et dans

  1. Inédite.
  2. Aux Rédacteurs de la Renaissance. Actes et Paroles. Depuis l’exil.
  3. Communiquée par M. Léon de Saint-Valery.
  4. Le National, avril 1872.
  5. Collection Édouard Champion.
  6. Article public dans le Matin.