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le doux lait de ta mère, et le généreux esprit de ton père ; sois bon, sois fort, sois honnête, sois juste ! et reçois, dans le baiser de ta grand’mère, la bénédiction de ton grand-père.

Victor Hugo[1].


À Paul Meurice.


H.-H., 3 avril.

Votre lettre m’arrive, doux et cher ami, tout est parfait. Vous avez tous les cinq fait pour le mieux aux Français, et c’est très bien. Pour l’Odéon, (Frederick étant hors du possible) vous m’envoyez une distribution superbe. MM. Mélingue et Beauvallet sont mes anciens amis. Voulez-vous vous charger d’envoyer ces deux lettres, l’une à M. de Chilly, l’autre à M. Beauvallet. Quelle belle, pathétique et charmante reine d’Espagne je vais avoir[2]. Mettez-moi à ses pieds. Je vais écrire demain à Auguste. Je n’ai que le temps de ces quelques lignes en petit texte. Welcome à la Vie nouvelle !

Mon vieux cœur est à vous.

V.

Vous tiendrez l’affiche au moins jusqu’à l’hiver. À quel moment croyez-vous que Ruy Blas pourra passer ? Viendrai-je immédiatement après vous ? M. de Chilly me dit que vous vous chargeriez de régler les questions d’argent. — À propos, et Bagier !!![3]


À Albert Glatigny[4].


Hauteville-House, 5 avril.

Vous avez, cher poëte, un auditeur lointain, mais attentif. C’est moi. Il y a un écho pour vous dans mon désert. Je viens de lire de charmants vers créés d’emblée par vous. Les rimes qu’on vous jette, en s’envolant vers vous, deviennent des langues de feu[5]. Vous savez comme j’aime votre talent, vous devez juger si j’aime votre succès.

Votre ami
Victor H.[6]
  1. Gustave Rivet. — Victor Hugo chez lui.
  2. Mme Jane Essler était désignée pour le rôle de la reine.
  3. Correspondance entre Victor Hugo et Paul Meurice.
  4. Inédite.
  5. Albert Glatigny improvisait, sur des rimes que les spectateurs lui jetaient, des vers qui avaient grand succès.
  6. Communiquée par la Société pour les Relations culturelles entre l’U.R.S.S. et l’étranger.