Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome III.djvu/31

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


heureux qu’un de mes rôles paraisse à madame Jane Essler[1] digne d’être mis à ses pieds. Je reviens à Beauvallet. Il me semble que ce don Ruy Gomez-là nous tirerait de l’embarras Mauban[2] - Geffroy[3]. Est-ce possible ? Voyez, faites. Mais que de peines je vous donne, et à cet admirable Auguste.

Je presse vos quatre mains généreuses.

Vostrissimo
V.

Bagier s’exécute-t-il ? Je dois force or à Auguste. Soyez assez bon pour dire à Marc Fournier que lui, si littéraire, et son théâtre, si populaire, sont au nombre de mes prédilections[4].


À Madame Victor Hugo[5].


[Mars 1867.]

Voici, chère amie, une traite à vue sur Mallet frères 1 200 fr. Chère bien-aimée, rien de plus charmant et de plus doux que tes lettres. J’y sens ton noble, grand et tendre cœur, et aussi ton délicat et généreux esprit. Je t’aime bien, va. Ci-contre, sauf rectification, tu trouveras ton compte pour février[6].

J’ai payé pour les layettes[7] de 1866 à M. Martin, prévôt, 50 f. 40c. Mais Meurice me remboursera cela sur la rente inscrite pour les pauvres. — Après un mois de tempête, voici que nous avons deux jours de calme profond, d’été et de soleil. Les oiseaux chantent. Puissent-ils chanter dans ton cœur. Je vous envoie à tous ce que j’ai de plus tendre et de plus doux[8].


À Georges[9]


Hauteville-House, 3 avril 1867.

Georges, nais pour le devoir, grandis pour le devoir, grandis pour la liberté, vis dans le progrès pour mourir dans la lumière ! aie dans les veines

  1. Jane Essler avait, en 1862, obtenu un grand succès dans les Beaux Messieurs de Bois Doré ; son charme et sa grâce en auraient fait une touchante reine d’Espagne.
  2. Maubant, que ses succès dans le répertoire désignaient pour Ruy Gomez, le joua en 1867.
  3. Paul Meurice, dans une lettre datée du 23 mars, indiquait Maubant. Vacquerie préférait Geffroy, tout en craignant qu’il ne l’accepte pas, car il avait quitté la Comédie et, en y rentrant, ne voulait pas paraître enlever un beau rôle à ses camarades.
  4. Correspondance entre Victor Hugo et Paul Meurice.
  5. Inédite.
  6. Suit le détail du compte.
  7. Mme Victor Hugo avait fondé à Guernesey l’œuvre des layettes pour venir en aide aux nouvelles accouchées pauvres.
  8. Bibliothèque Nationale.
  9. Premier petit-fils de Victor Hugo.