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Il continue de m’envoyer des bonnes feuilles, et non des épreuves, c’est-à-dire de l’irréparable. Je ne comprends rien à ce jeu bizarre. Lis-lui, je te prie, ma lettre. Elle le décidera peut-être à m’écrire.

Je vous serre tous dans mes bras, chers aimés.

Le dépôt du manuscrit dans tes mains et dans celles de Charles serait excellent, mais je ne puis songer à rien envoyer tant que M. Lacroix ne me fera pas l’honneur de m’écrire[1].


À Albert Lacroix.


H.-H., 19 mars.

Vous le voyez, mon honorable et cher éditeur, nous entrons dans les malentendus. Je persiste à croire qu’une conversation eût mieux valu, et que votre absence de cinq jours, en nous permettant de tout résoudre de vive voix, eût fait gagner bien du temps. Précisons, et répondez-moi, je vous prie, catégoriquement.

1re erreur de votre part. — Dans la lettre-traité, écrite de votre main, et entre nous échangée le 7 octobre, il y a ceci que je transcris : (relisez votre texte)

— Moyennant ces conditions, etc., vous nous cédez, etc., sans préjudice de votre droit de joindre, quand bon vous semblera, ce travail à vos œuvres complètes. —

Or ce droit, j’entends absolument le maintenir, cher monsieur Lacroix, et je ne puis, en aucun cas, y renoncer, et m’exposer à décompléter, pour le mince intérêt de ces quelques feuilles, les éditions de mes œuvres complètes. Que ceci donc soit hors de discussion.

2e erreur. — Vous continuez à m’envoyer les bonnes feuilles au lieu des épreuves. Or je ne puis vous livrer ma préface que lorsque je connaîtrai le volume entier (relisez ma lettre d’il y a quatre mois à ce sujet). Sur trois pages et demie de table des matières, je ne connais qu’une page (moins Louis Blanc et Pelletan) jusqu’à M. Paul Mantz. J’ignore donc les cinq septièmes du volume. Vous envoyer la préface est impossible. Hâtez-vous de m’expédier le reste du livre en épreuves. Immédiatement après, vous aurez la solution. Mais seulement après que j’aurai tout lu.

Je pourrais, en me gênant, consentir au paiement en deux termes (non trois), 1er à la remise du manuscrit, 2e un mois après. Mais il faudrait d’abord qu’il fût bien entendu entre nous qu’aucune édition séparée de ce

  1. Communiquée par la librairie Cornuau.