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À Théodore de Banville.


H.-H., 28 avril.

J’ai toujours dit qu’un grand poëte contient un grand critique ; vous le prouvez. Je viens de lire votre admirable première page sur l’Homme qui Rit[1]. Jugez comme j’attends les suivantes ! Cette magnifique étude sur mon livre, commencée par vous, me paie de toute ma peine. Achevez-la, mon éminent et cher confrère. Ayant la renommée, vous avez le droit de la donner, et je vous remercie, ému et charmé.

Votre vieil ami
Victor Hugo[2].


À Paul Meurice.


H.-H., 28 avril.

Cher Meurice, voici un digne et brave homme qui s’appelle Lanvin, et dont j’ai porté le nom et eu le passeport dans ma poche pour entrer en exil. Je lui avais fait avoir un emploi qu’on vient de lui ôter. Voulez-vous être assez bon pour lui remettre en mon nom 100 francs. Maintenant, s’il vous faut pour le Rappel un garçon de bureau probe, intelligent, capable, suffisamment lettré (ancien compositeur chez Didot), dévoué enfin, vous ne pouvez mieux placer cette place qu’en la donnant à mon ami Lanvin. Si, par aventure, elle n’est plus vacante, il a été porteur de journal et peut l’être encore. Ce serait, je pense, un excellent vendeur du Rappel. Moi, qui ai cohabité avec lui sous son nom, pour mon pseudonyme, je vous le recommande. L’obliger, c’est me servir.

Je suis à vous du fond de mon cœur et de ma vieille caboche.

Victor Hugo[3].


À Auguste Vacquerie[4].


H.-H., dim. 2 mai.

Cher Auguste, voici, avec M. E. Montrosier, quelques autres oublis réparés. Je les recommande à votre bonté. Savez-vous si d’Alton Shée a reçu son exemplaire ? Autre chose : l’Homme qui Rit se vend depuis dix jours complet, à Londres, 30 francs. On le vend ici depuis le 28 avril. Un lieutenant d’artillerie nommé M. Oliver, mon voisin, l’a acheté chez Barbet, il m’a apporté les quatre volumes. Ainsi, incomplet à Paris et 40 fr., complet

  1. Le National, 26 avril 1869.
  2. Collection Maurice Escoffier.
  3. Correspondance entre Victor Hugo et Paul Meurice.
  4. Inédite.