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À François-Victor[1].


H.-H., 25 9bre, mercredi.

Mon Victor, voici ce que j’ai envoyé à Émilie Castelar[2]. C’est parti lundi matin, mais cela n’arrivera pas avant vendredi. Ci-inclus trois exemplaires, dont un pour Rochefort. Use des autres pour la propagande et fais de ton mieux. Crois-tu que l’Étoile belge insérerait ?

Tu as reçu, je pense, ma lettre chargée contenant 50 fr. pour la Lanterne.

Je te serre dans mes vieux bras paternels[3].


À Monsieur Petit de Latour.


Hauteville-House, 27 novembre 1868.

À en juger par la table des matières, votre travail, monsieur, est complet, et sera de la plus haute utilité. Je sens en vous un noble et bon cœur. Vous avez sauvé une tête par votre parole. Vous en sauverez beaucoup d’autres par votre livre. Ne me le dédiez pas ; dédiez-le à Jésus-Christ, d’où vient toute douceur. L’homme, hélas ! n’a pas encore compris le crucifix ; le crucifix abolit l’échafaud.

Je n’ai pas le temps d’écrire une préface ; car, pour moi, les devoirs se multiplient et les années s’abrègent. Si vous jugez à propos de publier cette lettre avec votre livre, elle est à vous, faites.

Croyez à ma plus cordiale sympathie.

Victor Hugo[4].


À Auguste Vacquerie.


Novembre 1868.
H. H., dimanche.

Votre cœur ne peut pas être frappé sans que le mien saigne. Cher Auguste, votre vénérable mère était pour moi comme une sœur de destinée et de deuil. Je la pleure. Que d’âmes douces et tendres au-dessus de nous, dans ce bleu sombre de la mort !

  1. Inédite.
  2. Deuxième lettre à l’Espagne. Actes et Paroles. Pendant l’exil.
  3. Bibliothèque Nationale.
  4. M. Petit de Latour ayant érit un livre intitulé l’Abolition de la peine de mort, en offrit la dédicace à Victor Hugo, en lui envoyant la table des matières de son volume.