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l’esclave et l’esclavage. M. Giraud avait cet avantage considérable, il avait vu de ses yeux. L’esclave lui avait dit : Vide pedes, vide manus. L’esclavage est la plaie au flanc de l’humanité. M. Giraud avait mis sa main dans cette plaie. Ce livre, il l’a entrepris, il l’a presque achevé. Un peu de retard de la mort, et il le terminait. Chose triste, ces interruptions.

Telle qu’elle est, son œuvre est considérable. Les fragments publiés dans les journaux et que tout le monde connaît, ont placé très haut l’historien et l’écrivain. Cette histoire poignante a l’intérêt pathétique du drame. Pas de lutte plus douloureuse, pas de débat plus tragique. Tout le litige entre l’Homme blanc et l’Homme noir est là. M. Giraud nous le donne avec les pièces à l’appui. C’est le dossier de l’esclavage tout dressé et presque complet. Jugeons ce procès maintenant.

La sentence est rendue, disons-le, par la conscience universelle, et l’esclavage est condamné, et l’esclavage est mort ![1]


À Paul Meurice[2].


H.-H., 23 janvier.

Bravo pour la bonne nouvelle ! Vous achevez un drame[3], et la foule va applaudir encore une fois le doux et puissant et charmant maître qui s’appelle Paul Meurice. Vous êtes comme le dieu, vous préparez votre char, currus parat. Merci de cette joie que vous donnez à votre vieil ami. — Voici la lettre pour M. Lockroy. Voici l’adhésion à la société musicale signée. (Mlle A. Patti chante continuellement sur le théâtre ma chanson : Si vous n’avez rien à me dire. Il y a lieu à droit, ce me semble.) Quel malheur que le théâtre ne soit pas fait dans ce livre Paris[4] par vous ! Pourquoi Auguste a-t-il refusé ? Moi, je désignerais volontiers ce charmant talent M. Louis Leroy. Qu’en dites-vous ? — Voudrez-vous encore payer 40 fr. pour moi à M. Lanvin ? — Avez-vous de l’argent pour payer les 60 fr. de l’assurance ? Ils sont échus. Vous dois-je envoyer pour cela une traite sur Paris ? Répondez-moi un mot là-dessus.

Mon cœur déborde d’amitié pour vous[5].

  1. En marge de la dernière page du brouillon non terminé, cette note : Un mot final.Archives de la famille de Victor Hugo.
  2. Inédite.
  3. La Vie nouvelle, jouée au théâtre de l’Odéon le 8 avril 1867.
  4. Paris-Guide.
  5. Bibliothèque Nationale.