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À Paul Meurice[1].


H.-H., dim. [5 juillet].

Notre enchantement continue. Toute cette suite empoigne et charme. Miriam suppliante, quel chapitre exquis ! Un sacrifice, quelle récompense ! et dans Sylvius furieux, ce mot sur Dieu : bah ! faisons-lui crédit ! — Au reste, si je voulais, en vous lisant, faire la gloire aux mots, il faudrait mettre une couronne au bout de chaque ligne. C’est une œuvre émue et grande. L’envie est humaine. Ah ! que de cris vrais ! mon doux et noble poëte, je vous désire tout ce que vous voulez, je demande pour vous toute la lumière qui peut tenir sur une tête et dans un cœur. Qui aura droit d’être heureux si vous ne l’êtes pas ! Je suis fier que les Châtiments soient le livre qui vous dit : va ! comme au cheval de Job, comme au Pégase d’Orphée. Allez, et triomphez. Je vous applaudis à quatre mains.

V.[2]


Au même.


H.-H., 9 juillet.

Fin superbe. — C’est beau, ce béni malgré lui. La larme finale coule du cœur du lecteur en même temps que des yeux de Césara. Je me suis rencontré avec vous (mon livre inédit) pour l’homme qui se voit dans la glace et ne se reconnaît pas. Mais chez vous c’est une beauté, chez moi ce n’est qu’un détail. On ne s’apercevra même pas que je vous ai coudoyé. Honneur que j’ai et qui m’est cher...

Tout ce que vous me dites sur Koning[3] et la Gaîté est excellent et coïncide avec une lettre parfaite d’Auguste. C’est la raison même, et je suis pleinement de votre avis. Vous serez assez bon, si l’affaire a une suite sérieuse, pour régler les conditions, n’est-ce pas ? Comme vous avez fait pour l’Odéon.

Je griffonne en hâte, car la poste va partir.

Tuus. Ex imo.

J’ai des admirations pour vous que je mets dans ce coin.

V.
  1. Inédite.
  2. Bibliothèque Nationale.
  3. Il avait été question, malgré l’interdiction de l’année précédente, de reprendre Ruy Blas au théâtre de la Gaîté.