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À Émile de Girardin[1].

J’ai mis huit jours à lire votre écrit du 14[2]. Je ne sache pas de plus grand éloge ; il ne suffit pas de lire, il faut méditer. Chaque mot est une idée, chaque ligne est une page, chaque page est un volume. Je vous contredirais peut-être sur quelques points et j’irai pour cela causer un de ces jours avec vous, mais sur presque tous nous sommes d’accord. Ordre, paix, liberté, grandeur, voilà ce qu’il faut maintenant. L’aurons-nous ? Continuez de semer les idées, continuez de lutter et d’enseigner. Je serai heureux chaque fois que je pourrai vous appuyer. Vous êtes un grand esprit courageux.

À bientôt. Je vous serre la main.

Victor Hugo[3].
25 Xbre 1848.


À Monsieur Duriez[4]
gérant de la Société des œuvres de Victor Hugo[5].


Monsieur,

La présente année 1848 a été mauvaise pour le commerce et pour la librairie en particulier. Cette année se trouve comprise parmi celles dont vous m’avez acheté l’usufruit. Il me paraît juste de ne point vous la compter, c’est une perte dont les événements politiques sont la cause et que je crois devoir supporter seul. Permettez-moi donc d’ajouter volontairement et de mon plein gré une année de plus à celles que vous m’avez achetées par notre traité du 2 septembre 1839.

Je n’y mets qu’une condition, c’est que vous ne vous écarterez pas, dans les cessions de droits que vous croirez pouvoir consentir, des formes et des limites que vous vous êtes tracées dans tous vos traités précédents avec vos divers cessionnaires, que vous ne consentirez aucune vente de mes ouvrages à vil prix et que vous continuerez d’en administrer l’usufruit comme tout usufruit doit être administré, en bon père de famille. Moyennant quoi, vous pouvez considérer par ces précédentes (sic) votre droit de tirage comme

  1. Inédite
  2. Note remise le 14 décembre 1848 au Président de la République ; réformes et lois proposées. Publiée au début de 1849.
  3. Archives Spoelberch de Lovenjoul.
  4. Inédite.
  5. Société en commandite pour l’exploitation des œuvres de Victor Hugo sous la raison sociale Duriez et Cie, constituée le 31 juillet 1839.