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À Charles Nodier.


Ce 28 juillet 1830, au matin.

Le bon Dieu vient de m’envoyer un grand bonheur, cher Nodier ; ma femme est heureusement accouchée cette nuit d’une grosse fille joufflue et bien portante[1]. Prenez donc votre part de cette joie comme je veux prendre la mienne de toutes les vôtres.

Informez Mme Nodier de notre bonheur, et dites à Mlle Marie[2] qu’il lui est né une petite sœur.

Adieu, mon ami, que j’espère bientôt voir. Je suis bien content de ma petite fille. Voilà enfin un de mes ouvrages qui promet de vivre.

Victor.


À Monsieur Sainte-Beuve,
chez M. Ulric Güttinger, à Rouen.


4 août [1830[3]].

Je vous écris ces deux mots à la hâte, cher ami. Nous sommes tranquilles maintenant. La population de Paris s’est admirablement conduite pendant le combat et après la victoire. Espérons que tout ira bien.

Je vais faire mon service de la garde nationale.

Je vous aime plus que je ne puis dire.

Victor.

Embrassez pour moi Güttinguer[4]


À Charles Nodier.


4 août [1830].

Merci, et merci mille fois, cher ami. Nous sommes tranquilles ; tout va bien jusqu’ici et tout ira bien, je l’espère. La population de Paris se conduit admirablement, mais il faut se hâter d’organiser quelque chose.

Embrassez pour moi tous les vôtres.

Votre ami à toujours.
Victor H.
  1. Adèle.
  2. Fille de Charles Nodier, Marie était la joie et le charme des soirées de l’Arsenal.
  3. Note de Sainte-Beuve : « Révolution de Juillet. »
  4. Archives Spoelberch de Lovenjoul.