Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome I.djvu/409

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


payer nos contributions dont le papier a été remis à maman. Nous vous rembourserons cette petite somme, bien entendu.

Maman nous apprend que la chambre à Reims est louée 350 francs et qu’on cherche une quatrième personne. Est-ce pour la voiture ou pour le logement ? Vous me disiez dans votre dernière que Beauchêne s’occupait de la fabrication de mon habit. Comment a-t-il eu ma mesure ? Il faudra sans doute les culottes, bas, souliers à boucles, épée d’acier, chapeau à ganse d’acier et plumes. En quel métal doivent être les boucles de la culotte et des souliers ? Faudra-t-il les jabots et les manchettes ?

Nous sommes désolés de la mauvaise santé de Mlle Jeanne. Parlez de nous à la bonne Mme Deschamps. M. Deschamps m’a écrit une charmante lettre. Veuillez l’en remercier en attendant que je le fasse moi-même. Il faut que notre tante Asseline[1] se soigne un peu, et j’espère la retrouver tout à fait rétablie. Faites-lui bien nos amitiés ainsi qu’à son mari.

Paul a dû recevoir aujourd’hui une lettre de moi, la première que j’aie écrite à la Miltière. Celle-ci est la seconde. Je vais écrire la troisième à Ch. Nodier.

Adieu, mon cher et bon père ; papa et son excellente femme, mon Adèle et sa petite Didine aux joues fermes, vous embrassent ainsi que maman Foucher, et je me joins à eux de cœur. Vous ne sauriez croire comme on parle de vous en Sologne à l’heure qu’il est.

Votre fils tendrement dévoué,

Victor.

Comment se porte François ? Mon portier a-t-il reçu quelques lettres depuis notre départ ? J’en reçois une bien paternelle de M. de La Rivière[2].

Mille remerciements à MM. Vénot, Pichot, et tutti quanti.


Madame Victor Hugo,
chez le général comte Hugo, à Blois.

Me voici à Orléans, mon Adèle, et avant de dîner, avant de me reposer, avant même de m’asseoir (car je suis debout), je veux t’écrire. Tu recevras cette lettre inattendue demain, et c’est une grande joie pour moi au milieu de toute ma tristesse que de penser au plaisir que ce papier te

  1. Sœur de Mme Foucher.
  2. Premier professeur d’Eugène et de Victor.