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mille interprétations dont vous ne voudrez pas me laisser subir le désagrément, et je veux vous laisser le plaisir de réparer vous-même le tort que vous me causez involontairement en déclarant que mes ordres dans cette occasion se sont bornés à l’envoi pur et simple de ma lettre, absolument telle qu’on a pu la lire dans le Journal des Débats — au taux d’insertion près.

V. H.[1]


Monsieur le général comte Hugo, Blois.


Ce 29 juillet [1824].
Mon cher papa.

Tes lettres, toujours si empreintes de tendresse et de bonté, sont un de nos bonheurs. Cependant nous attendons avec impatience le moment où elles seront remplacées par ta présence, plus chère et plus précieuse encore.

Remercie bien ton excellente femme de son attention délicate pour ma fête. Je ne saurais te dire combien j’en ai été touché, ainsi que mon Adèle. Remercie-la encore de l’envoi de beurre qu’elle nous promet ; cela nous sera fort utile cet hiver. Seulement nous désirons qu’elle soigne sa santé et se donne le moins de peine possible.

Louis[2] est ici depuis huit jours, et nous l’avons revu avec grand plaisir. Nous espérons que sa présence ici hâtera la tienne. Le colonel est obligé de repartir pour Tulle dans la première quinzaine de septembre.

Le contre-coup de la chute de mon noble ami a tué la Muse Française. C’est une histoire singulière que je ne puis te conter par lettres. As-tu lu celle que j’ai adressée à ce vieux renard d’Hoffmann[3] ? Je ne sais trop ce qu’il y pourra répondre.

Adieu, cher et excellent père, mon Adèle, qui se porte à merveille, t’embrasse ainsi que ta femme bien tendrement et je m’unis à elle en cela comme en tout.

Ton fils respectueux et dévoué,
Victor.

L’état de notre pauvre et cher Eugène est toujours le même. Cette stagnation est désespérante.

Abel se porte bien[4].

  1. Brouillon écrit au verso d’une lettre adressée à Victor Hugo par le marquis d’Aguilar, de l’Académie des Jeux Floraux. Archives de la Famille de Victor Hugo.
  2. Louis Hugo.
  3. Voir page 387.
  4. Collection Louis Barthou.