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J’ai fait prier Ladvocat[1] de m’envoyer les feuilles à mesure qu’elles s’impriment ; écris-lui, si tu en as le temps, pour qu’il presse les envois.

Adieu, bien cher et excellent père ; nous ne voyons Abel que bien rarement, mais je t’embrasse toujours en son nom et au mien.

Ton fils tendre et respectueux,
Victor.

Mes empressés hommages à la grand’maman[2].


Au général Hugo.


13 octobre [1823].
Mon cher papa,

L’impatience d’avoir des nouvelles de son Léopold a porté ma femme à décacheter hier la lettre que tu écrivais à son père. Tu peux juger de sa désolation et de ses inquiétudes.

Pour moi, bon et excellent père, je m’abandonne avec une tendre confiance aux sollicitudes maternelles de ta femme. Dis-lui, répète-lui cent fois que nul être au monde ne sent plus profondément que moi tout ce qu’elle fait pour ce pauvre enfant, qui sera plus encore à elle qu’à moi.

Nous espérons, puisque ta lettre permet encore d’espérer ; nous espérons, puisque ta femme a eu la secourable pensée de s’adresser au ciel ; nous espérons enfin, puisque vous êtes là, vous, ses bons parents, ses protecteurs, ses sauveurs.

Envoie-nous promptement de ses nouvelles, cher papa ; nous espérons, mais nous sommes résignés ; c’est une force qui vient aussi du ciel. Adèle attend ta réponse avec courage ; je ne t’embrasse pas pour elle, elle veut le faire elle-même[3]. Porte l’expression de ma tendre et profonde reconnaissance aux pieds de la grand’maman de ce pauvre petit ange. Je t’embrasse encore une fois avec tendresse et respect.

Victor[4].


Au général Hugo.


13 octobre [1823].
Cher papa,

Je n’accroîtrai pas ta douleur en te dépeignant la nôtre[5] ; tu as senti tout ce que je sens ; ta femme éprouve tout ce qu’éprouve Adèle. Non, je ne

  1. Éditeur des Mémoires du général Hugo.
  2. Bibliothèque municipale de Blois.
  3. Mme Victor Hugo joignait une lettre à celle de son mari.
  4. Bibliothèque municipale de Blois.
  5. Le petit Léopold était mort le 9 octobre 1823.