Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome I.djvu/222

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


et ils ne savent pas que le tort qu’ils imputent à je ne sais quel orgueil incompréhensible pour moi, vient de l’amour. Mon Adèle, dis-moi de moins penser à toi, de moins t’écrire. — Mais non, ne me parle pas ainsi, car je croirais que tu ne m’aimes plus et d’ailleurs je ne pourrais t’obéir. — Ma conférence de ce matin a eu un bon résultat, il ne faut pourtant chanter victoire que lorsque nous tiendrons la pension. Je te conterai tout cela ce soir en détail. Oh ! oui, avant deux mois nous serons mariés ! — Adieu, mon Adèle chérie, tu vas à présent trouver que je t’écris trop. Mais que veux-tu ? c’est ta faute. Pourquoi t’es-tu fait adorer de ton pauvre mari ? J’espère que tu m’auras aussi écrit de ton côté. Adieu, adieu, mon ange bien-aimé.

Te retrouverai-je bien portante ce soir ? Reçois mille baisers. Que ne peuvent-ils te guérir ![1]

  1. Collection Louis Barthou.