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1879


28 août. — Jour du départ pour Veules[1]. Nous sommes partis de Paris à une heure cinq minutes. Ciel gris. Temps froid. Arrivée à Motteville à quatre heures par une pluie à verse. Là nous trouvons un petit omnibus local. Trois heures de route. De bons chevaux. Nous arrivons à Veules à sept heures vingt minutes. Le trajet eût été charmant sans le mauvais temps. Jolis paysages entrevus à travers la pluie. À notre descente à Veules, les nuages s’écartent et le soleil couchant se montre superbe. La mer aussi.


29 août. — J’occupe un beau pavillon sur la mer. Très grande chambre en bois du plus beau style. À côté un cabinet.


2 septembre. — Hier dimanche, la société musicale a voulu me donner un concert. Le maire, qui est bonapartiste, s’y est opposé. Ils ont exécuté sur le rivage la Marseillaise et le Chant du départ.


9 septembre. — Jusqu’à notre arrivée mer maussade, à notre arrivée, mer charmante, aujourd’hui, une terrible tempête.


11 septembre. — Nous partons à deux heures un quart, nous sommes à Caudebec à sept heures. Nous y rencontrons Mme Ernest Lefèvre, charmante, venue avec M. et {Mme Glaize, dans un panier qu’elle mène elle-même. À sept heures et demie à Villequier. Auguste Vacquerie, sur le seuil, nous attend. Nous sommes installés avec une grâce tout hospitalière.


11 septembre. — Après le déjeuner, je suis allé au tombeau de ma fille. Le cimetière touche à l’église. Le tombeau de Léopoldine est au centre d’une grande tombe de famille composée de tombeaux séparés. Son mari est près d’elle, avec une inscription qui rappelle leur mariage et leur mort.

Au bas, on lit :

De profundis clamavi ad te.

Devant est le tombeau de ma femme, avec cette inscription :

ADÈLE
FEMME DE VICTOR HUGO.
  1. Victor Hugo allait passer huit jours chez Paul Meurice. (Note de l’éditeur.)