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MYSTÉRIEUX
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CHAPITRE XIV

À QUÉBEC


Après environ une demi-lieue de marche, DuPlessis, remarquant l’air pensif de son compagnon de route qui chevauchait à son côté, lui demanda s’il croyait la maladie de M. Bégon dangereuse. Sans répondre à cette question, Taillefer arrêtant son cheval et faisant signe à DuPlessis d’en faire autant, dit :

— Je pense que je ferais mieux de vous laisser aller tout seul aux Trois-Rivières pour le moment et de me rendre, moi, à Québec, qui est, je crois, le seul endroit où je puisse me procurer les ingrédients dont j’ai besoin pour la médecine que j’ai à composer. Mais cela ne me prendra pas de temps ; demain soir, je serai avec vous, à la peine de faire mourir deux chevaux.

— S’il est nécessaire que vous fassiez ce voyage, je vous y accompagne, dit DuPlessis.

— Comme monsieur voudra, fit Taillefer.

Et tournant bride ils revinrent tous les deux au manoir de Champlain, d’où ils repartirent bientôt pour Québec, après que DuPlessis eût donné une lettre au messager Étienne pour M. Bégon, lettre dans laquelle il lui expliquait brièvement le but de son prompt voyage à Québec.

À moitié chemin environ, ils changèrent de chevaux, prirent un léger repas, et continuèrent leur route sur leurs nouvelles montures, en dévorant pour ainsi dire l’espace. Il faisait un beau clair de lune. Ils arrivèrent à la ville au milieu de la nuit, et s’arrêtèrent à l’ « Auberge-du-Castor ». De bonne heure le lendemain ma-