Page:Houde - Le manoir mystérieux, 1913.djvu/97

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
MYSTÉRIEUX
97

DuPlessis hésitait encore, car il connaissait à peine Taillefer. Néanmoins, ce dernier lui inspirait une sorte de confiance. Avant qu’il eût pris une détermination, il entendit le trot d’un cheval et presque au même instant Armand Papillon entra précipitamment et lui dit :

— Il vient d’arriver un domestique monté sur le plus beau cheval gris que j’aie jamais vu. Il m’a remis cette lettre pour vous.

DuPlessis ouvrit la lettre et lut ce qui suit :

« Au capitaine Gatineau DuPlessis.

« Depuis votre départ, mon malaise n’a fait qu’augmenter. Je désire beaucoup vous avoir auprès de moi. J’espère que vous pourrez revenir de suite sans trop nuire aux intérêts de la cause dont vous vous êtes chargé pour l’estimable M. de la Touche, à qui je vous prie d’offrir avec mes saluts respectueux l’expression de ma cordiale sympathie.

« BÉGON,
« Commandant des Trois-Rivières. »

— Armand ! s’écria DuPlessis, faites entrer le messager.

Dès que celui-ci entra :

— Ah ! Étienne, lui dit-il, comment était M. le commandant lorsque vous l’avez quitté ?

— Mal, M. DuPlessis, mal ! Le docteur Alavoine ne sait qu’en dire. Bien des gens, chez nous, soupçonnent quelque sortilège.

— Quels sont les symptômes ? demanda Taillefer en s’avançant.

Le messager se tourna vers DuPlessis pour lui demander s’il devait répondre à cet étranger à l’aspect singulier ; et ayant reçu un signe affirmatif, il fit l’énumération des symptômes