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MYSTÉRIEUX
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réparateur vînt fermer ses paupières. Il alla ensuite s’entendre avec M. Mullois sur les moyens à prendre pour que Joséphine ne fût pas séquestrée loin de son père par son indigne mari.

— Ne serait-il pas bon, fit remarquer M. Mullois, avant de vous adresser à M. le marquis de Beauharnais, de faire une démarche auprès de M. l’intendant Hocquart, puisque Deschesnaux est à son service ?

— Je vous avoue, répondit DuPlessis, qu’il me répugne de plaider la cause du bon M. de la Touche devant un autre que le gouverneur général. Cependant, je réfléchirai à ce que vous dites, et j’en causerai avec M. Bégon. Pour le moment, il faut que vous m’aidiez à obtenir de M. de la Touche des pouvoirs légaux qui me permettent d’agir en son nom ; car ce n’est pas au mien que cette démarche peut être faite.

— Sans aucun doute, vous ne pouvez agir que comme délégué de M. de la Touche ; mais qui sait dans quel état nous allons le trouver à son réveil ?

— Je gagerais ma vie, dit Armand Papillon en entrant qu’il va se trouver tout autre en s’éveillant qu’il n’a été depuis des semaines ; car, M. DuPlessis, l’artiste que vous avez amené, a composé un breuvage dont j’augure les meilleurs effets. J’ai causé avec ce maréchal, et je puis garantir qu’il n’existe personne connaissant mieux les maladies des chevaux.

— Un maréchal ! s’écria M. Mullois. Malheureux ! tu as osé donner à ton maître une médecine composée par un maréchal ?

DuPlessis fit immédiatement appeler Taillefer et lui demanda comment il s’était permis d’administrer une médecine au noble malade.

— Monsieur doit se rappeler, répondit Taillefer, que je lui ai dit avoir pénétré dans les secrets du docteur Degarde plus avant qu’il ne l’aurait voulu, et je me flatte d’être en état