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MYSTÉRIEUX
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tre sûreté. Votre cheval est bridé et sellé par moi-même, et voici votre compte.

— Il ne se monte pas haut, dit DuPlessis en donnant une pièce d’or à l’aubergiste. Vous remettrez le reste à votre excellent fils.

— Il profitera de votre libéralité, M. DuPlessis ; et si jamais, je puis vous rendre quelque service, comptez sur moi.

— Eh bien, mon dévoué M. Gravel, veuillez surveiller ce qui se passera au « manoir mystérieux » et m’en tenir au courant. Lorsqu’une personne se présentera de ma part avec cette bague que vous me voyez au doigt, regardez-la bien pour la reconnaître.

— Mais, M. DuPlessis, serait-il sage à moi de me mêler d’une affaire qui ne me regarde pas ?

— Comment ! M. Gravel, n’êtes-vous pas père ? Il s’agit de rendre une fille à son père ; cela n’a-t-il pas un intérêt réel pour tous ceux qui sont pères ?

— C’est pourtant vrai ! J’ai pitié de tout mon cœur de ce pauvre vieillard, auquel Deschesnaux a ravi le bonheur de sa vie, et je vous aiderai dans l’honorable projet de rendre une fille à son père. Mais soyez discret ; car, si l’on savait que l’aubergiste du « Canard-Blanc » se mêle de pareilles affaires, Deschesnaux ne serait pas lent à me faire retirer ma licence et à faire abattre mon enseigne. Allons, suivez-moi et marchez légèrement.

— Et l’aubergiste conduisit DuPlessis dans la cour, où était son cheval tout bridé et tout sellé. Ouvrant la porte qui donnait sur le grand chemin, il le fit partir, après lui avoir renouvelé sa promesse de l’instruire de ce qui se passerait au « manoir mystérieux ».