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MYSTÉRIEUX
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Il monta à cheval d’un air distrait et sortit du parc. Deschesnaux, resté un peu en arrière, murmura à l’oreille de Cambrai :

— Ne parle à personne de la visite de DuPlessis, il y va de notre fortune à tous les deux. Suis toujours mes conseils, Thom, et tu pourras obtenir la propriété de tout ceci.

Deschesnaux eut bientôt rejoint M. Hocquart, et lui dit :

— Je me suis arrêté un instant pour demander à Cambrai l’adresse d’un homme que je destine à remplacer Letendre à votre service. Si vous voulez continuer votre route sans moi, je retournerai sur mes pas et je vous l’amènerai aux Trois-Rivières avant que vous soyez levé.

— Allez, Deschesnaux, mais dépêchez-vous, car il faut que vous reveniez promptement aux Trois-Rivières pour vous trouver à mon lever. Vous savez que je suis censé y être endormi dans ce moment.

À ces mots M. Hocquart partit à toute bride, et Deschesnaux, retournant sur ses pas, descendit à la porte du « Canard-Blanc » et demanda à parler à Michel Lavergne.

— Je vois, dit-il en apercevant la mine embarrassée du notoire neveu de l’aubergiste, que tu as perdu la trace de DuPlessis. Est-ce la ton adresse si vantée ?

— Je vous garantis pourtant, noble monsieur, répliqua Michel, que jamais les traces d’un renard ne furent mieux suivies. Je l’ai vu se terrer ici, et avant le jour il était parti sans que personne ne l’eût aperçu.

— Je suis tenté de croire que tu me trompes ; mais prends garde, tu auras lieu de t’en repentir amèrement !

— Monsieur, le meilleur chien peut se trouver en défaut ; demandez à mon oncle, à son garçon, à toute la maison, si j’ai perdu de vue DuPlessis un seul instant dans la soirée. Dia-