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MYSTÉRIEUX
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CHAPITRE VIII

LE DÉPART


Le lendemain, de bonne heure, l’intendant et Deschesnaux se rencontrant dans la grande salle, le premier dit à l’autre :

— Donnez-moi mon habit, et chargez-vous de ces chaînes, ajouta-t-il, en lui remettant les insignes qu’il portait la veille. Hier soir, leur poids me coupait presque le cou. Je suis à demi-résolu de me débarrasser de ces fers, inventés pour enchaîner les dupes. Qu’en dites-vous, Deschesnaux ?

— En vérité, monsieur, je pense que les chaînes d’or ne ressemblent guère aux autres, et que plus elles sont lourdes, plus elles sont agréables.

— Cependant, Deschesnaux, je crois qu’elles ne m’enchaîneront plus longtemps à la vie officielle. Quelles nouvelles faveurs puis-je obtenir, et que puis-je gagner à de nouveaux ou plus longs services ? J’en ai connu plus d’un de par le monde qui a eu à se repentir de n’avoir pas su borner à temps son ambition. Moi-même, j’ai couru bien des risques et j’ai glissé déjà sur le bord du précipice.

— Monsieur, reprit Deschesnaux, tout ce que je désire, c’est qu’avant de prendre une résolution définitive, vous consultiez mûrement votre bonheur et votre réputation.

— Parlez, dit M. Hocquart en voyant que Deschesnaux ne semblait pas oser en dire davantage. Je veux peser avec vous le pour et le contre.