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MYSTÉRIEUX
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Ils arrivèrent un instant après tous les deux. Deschesnaux se présenta en courtisan de belle façon, et Cambrai avec un air gauche et embarrassé.

— M. Cambrai, dit la dame, j’excuse de bonne grâce la rigidité avec laquelle vous m’avez tenue éloignée de ces appartements jusqu’à ce qu’ils fussent décorés d’une manière si splendide.

— Oui, madame, il en a coûté plus d’une livre, et je puis dire que j’ai pris tout le soin possible pour qu’il ne fût pas dépensé plus qu’il ne fallait. Mais je vous quitte, madame, car M. Deschesnaux a quelque chose à vous dire de la part de M. Hocquart.

— Qu’avez-vous à me dire de la part de M. Hocquart ? demanda-t-elle dès que Cambrai se fut éloigné.

— Cambrai ne m’a pas bien compris, madame ; c’est de mon noble maître que je veux vous parler, et non de sa part. Madame, croyez-vous que M. Hocquart apprendrait avec plaisir la visite que M. DuPlessis vous a faite ce matin ?

— Qu’est-ce à dire, monsieur ? Cette visite n’a été pénible que pour moi, puisque j’ai appris la maladie de mon père.

— De votre père ? Cette maladie a donc été bien soudaine, car le messager que je lui ai dépêché tout dernièrement, a trouvé le noble seigneur, votre père, occupé joyeusement à faire une partie de chasse aux perdrix. C’est M. DuPlessis qui a inventé cette nouvelle pour troubler votre imagination.

— Vous insultez M. DuPlessis, reprit madame Hocquart avec vivacité ; il est incapable de mentir.

— Pardon, madame, je ne savais pas que vous prissiez tant d’intérêt à lui. On peut quelquefois, sans mentir, farder un peu la vérité.