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MYSTÉRIEUX
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CHAPITRE VI

SILENCE RECOMMANDÉ


Quatre pièces fermant le côté occidental du manoir, au second, avaient été meublées, récemment, avec une magnificence qu’on n’eût pas soupçonnée à l’apparence extérieure de la bâtisse. Des ouvriers de Québec avaient été chargés de ces travaux, auxquels le plus grand secret avait présidé, afin d’empêcher les gens de l’endroit de gloser sur les changements qui se faisaient dans la résidence de Thom Cambrai. À part quelques bruits vagues, leur curiosité n’avait pu être satisfaite.

Le soir du jour dont nous parlons, ces appartements étaient illuminés avec un éclat qu’on eût aperçu à travers le massif d’arbres si des volets bien clos et de longs rideaux n’eussent intercepté le moindre rayon de lumière. Madame Hocquart, en l’honneur de laquelle on avait fait ces embellissements, venait d’entrer pour la première fois dans ces somptueux appartements, qu’elle parcourait en les examinant avec la joie la plus vive.

— Que ces tapisseries sont belles ! disait-elle à sa suivante, Louise… Quel naturel dans ces tableaux. ! Que cette argenterie est merveilleusement ciselée ! Mais, Louise, combien n’est-il pas encore plus délicieux de songer que toutes ces belles choses rassemblées ici sont des témoignages de l’affection du noble M. Hocquart ? Dans quelques instants je pourrai le remercier de la tendresse qui lui a inspiré de me faire préparer ce petit paradis terrestre.

— C’est le Seigneur, madame, répondit la pieuse jeune fille, qu’il faut remercier d’abord