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MYSTÉRIEUX
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— Adieu, madame, dit DuPlessis ; le peu de vie qui reste à votre malheureux père aura peine à résister à la triste nouvelle que je vais lui porter. À ces mots il se retira pendant que la jeune dame lui disait :

— Léon, ne me calomniez pas.

— Voilà de la belle besogne ! interrompit Cambrai enrageant. Madame, rentrez dans votre chambre.

— Je ne suis pas à vos ordres, monsieur, répondit-elle.

— C’est vrai, madame ; mais il faut pourtant que vous regagniez vos appartements. Michel, suis cet impudent coquin, tu m’entends ? Allons, ne perds pas sa piste.

— Je le suivrai, dit Lavergne, jusqu’à ce qu’il ait évacué la maison ; mais lever la main contre un homme qui a bu le coup du matin avec moi, c’est contre ma conscience.

Et il s’éloigna.

DuPlessis avait pris d’un pas rapide la première allée qui s’était présentée à lui, sans faire attention que ce n’était pas celle qui conduisait à la porte par où il était entré, et il se trouva bientôt vis-à-vis d’une porte plus petite qui donnait sur un champ. Au moment où il se demandait comment il allait s’y prendre pour escalader la palissade, la porte s’ouvrit pour livrer passage à un cavalier couvert d’un grand manteau.

— Gatineau DuPlessis ! fit-il ; que faites-vous ici ?

— Et qu’y faites-vous vous-même, infâme scélérat ? y venez-vous pour recevoir de la main d’un galant homme le châtiment qui vous est dû ? Tirez votre épée et défendez-vous !

— Es-tu fou, DuPlessis ? Je t’assure que Joséphine Pezard de la Touche n’a rien à me reprocher, et je serais fâché de diriger une ar-