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LE MANOIR

sur la rive nord du côté de Montréal, ainsi qu’avec les Trois-Rivières, ils étaient obligés de descendre la rivière jusqu’au lac et de continuer ainsi par eau jusqu’à destination. À présent, comme vous savez, l’on voyage peu par eau, même entre Québec et Montréal ; c’est cette voie par terre que l’on prend. Et je puis vous dire, en passant, que cela fait bien mon affaire, pour un. Il faut vous dire aussi que j’ai été un des premiers à venir m’établir ici. J’avais accompagné les hommes employés par M. de Boisclerc pour leur fournir les provisions nécessaires, ce qui m’a un peu payé, et j’avais trouvé cet endroit avantageux comme relais pour les futurs voyageurs sur ce chemin. Ma femme aurait d’abord aimé mieux que nous nous établissions au fort, afin d’être plus dans le monde et surtout plus près de l’église ; mais elle est bien contente, ainsi que toute la famille, maintenant, d’être ici. D’ailleurs, nous n’avons pas une demi-lieue pour aller à l’église, et les corps de métiers, comme vous voyez, s’en viennent peu à peu se grouper dans notre petit village, qui compte déjà une douzaine de maisons, sans parler du manoir.