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LE MANOIR

Quant à M. Hocquart, il demanda à plusieurs reprises d’être rappelé en France, mais ce n’est que plus de quatre ans après l’événement qui l’avait plongé dans le deuil, c’est-à-dire en 1748, qu’il put repasser en France, où il mourut dans une obscure retraite, plusieurs années plus tard, en demandant à la religion les consolations que ni les grandeurs, ni les richesses n’avaient pu lui procurer. La famille des de Beauharnais, autant par générosité que par orgueil, ne révéla jamais rien de son mariage secret ni des suites funestes qui en avaient résulté. Le reste du temps qu’il passa à Québec, il se montra le moins possible en public, si ce n’est pour l’accomplissement des devoirs de sa charge.

On attribua ce changement en lui au regret qu’il éprouvait d’avoir été pour quelque chose dans l’enlèvement de Mlle Pezard de la Touche, par son ami et protégé Deschesnaux, qu’on crut généralement avoir été le mari de l’infortunée Joséphine.

Le vieux seigneur de Champlain apprit la triste fin de sa fille de la bouche même de M. Hocquart, qui lui révéla en même temps le secret de son union avec Joséphine, en lui demandant pardon du chagrin qu’il lui avait causé. Le malheureux père, déjà miné par le chagrin et une maladie de langueur, n’eut pas la force de supporter ce rude coup ; en moins d’un mois il alla rejoindre dans un monde meilleur l’enfant chérie qu’il avait tant pleurée.

En 1759, on retrouve DuPlessis à la bataille des Plaines d’Abraham, défendant le sol de la patrie contre l’envahisseur étranger. En 1760, il mourut en se couvrant de gloire avec l’héroïque petite armée du chevalier de Lévis à la bataille de Ste-Foye, où la valeur française brilla encore une fois d’un si vif éclat.