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MYSTÉRIEUX
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CHAPITRE XL

LE DOIGT DE DIEU


M. Hocquart s’en fut cacher sa douleur dans sa résidence à Québec. Deschesnaux eut l’audace de l’y suivre, mais il fut plusieurs jours sans pouvoir le voir. Lorsque, après plusieurs demandes d’entrevue, il fut admis en présence de l’intendant, ce dernier lui dit d’un ton glaçant :

— En effet, votre présence me rappelle que la justice a des comptes à éclaircir avec vous.

— Monsieur, reprit Deschesnaux, avec cet air fascinateur et cette voix persuasive qui le caractérisaient, si vous me croyez coupable, vous avez beau à me confronter avec la justice ; je ne la crains pas. Seulement, ce qui m’est pénible, c’est d’avoir perdu votre confiance sans le mériter. Je ne suis pas le bourreau que vous pensez en ce moment, puisque je n’ai seulement pas eu le courage de laisser exécuter votre propre arrêt de mort par Lavergne.

— Pourquoi me rappeler ces souvenirs amers ? Deschesnaux, vous savez bien que j’ai de suite regretté d’avoir donné un pareil ordre.

— Pas si vite, monsieur, puisque vous envoyiez Lavergne après moi pour l’exécuter, pensant sans doute que je ne voudrais pas le faire moi-même, ce en quoi vous aviez raison.

— Je ne vous comprends pas, Deschesnaux. Pourquoi avez-vous tué Lavergne ? Vous ne nierez toujours pas avoir été l’auteur de cette mort-là ?