Page:Houde - Le manoir mystérieux, 1913.djvu/235

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
MYSTÉRIEUX
235

— Ah ! oui, bon M. Cambrai ! Mais quand vous parlerez à M. Hocquart, serai-je encore le bon M. Cambrai ? Pourtant, je n’ai agi que par ses ordres.

— Vous serez mon protecteur, un protecteur un peu brusque, il est vrai, mais enfin un protecteur. Ah ! si Louise était avec moi, que je serais contente !

— Elle est mieux où elle est, madame. Mais voulez-vous prendre quelque nourriture ?

— Oh ! non, non ! ma chambre, ma chambre !

— Je vais vous y conduire et vous y laisser quelque chose, au cas où vous aimeriez à boire ou à manger un peu.

Puis il la fit monter au second et entrer dans sa chambre, à lui. C’était un appartement situé à l’extrémité nord-est du manoir. Il avait une porte qui donnait au dehors sur une galerie à laquelle venait se joindre une espèce de pont-levis léger jeté sur la rivière, et dont la moitié, celle qui tenait à la galerie du manoir, était abaissée à volonté de manière à interrompre la communication avec la rive opposée. Cela servait à Cambrai pour communiquer avec le moulin sans avoir besoin de faire un circuit de plusieurs arpents par le pont de l’auberge du Canard-Blanc. Mais chaque soir il avait soin d’abaisser le pont-levis, par crainte sans doute des voleurs, car, comme tous les avares, il ne craignait rien tant que les voleurs, et en soupçonnait partout.

— Pourquoi fermez-vous à clef la porte sur moi ? demanda Joséphine avec inquiétude, en voyant que Cambrai mettait la clef dans la serrure pour la refermer.

— C’est pour empêcher, madame, que les gens de la maison ne viennent vous troubler. Si vous avez besoin de prendre l’air ou d’appeler pour quelque chose, vous pourrez sortir